En 2005, l’industrie chimique en France a consacré 11 % de ses
investissements (plus de 350 millions d’euros), à la protection de
l’environnement.
Cette préoccupation n’est pas nouvelle. Depuis plus de 15 ans, le programme volontaire Responsible Care® pousse les entreprises à une amélioration permanente de la sécurité et de la protection de la santé et de l’environnement. Celles-ci ont su s’adapter à des normes de plus en plus strictes, et diminuer la génération de polluants et de produits toxiques. Mais la chimie verte propose d’intensifier cette démarche de développement durable. La chimie verte est l’évolution nécessaire de la chimie dite classique au vu des enjeux économiques, environnementaux et de santé publique actuels.
En octobre 2005, Yves Chauvin, pionnier en matière de chimie verte, a
été récompensé pour ses travaux par le Prix Nobel de chimie.
Ancien ingénieur de l'IFP (Institut français du pétrole) et chercheur à l'Ecole supérieure de chimie industrielle CPE de Lyon, titulaire de 117 brevets, il avait découvert en 1971 le mécanisme de la métathèse. Celui-ci permet de modifier la structure moléculaire d’un produit par simple déplacement de fragments. C’est donc un procédé économe, qui ne génère pas de déchets toxiques et s’inscrit tout à fait dans le concept de la chimie verte. On l’utilise aujourd’hui couramment pour développer des produits pharmaceutiques ou des matériaux plastiques sophistiqués.
Dans 15 ans, 10 à 15 % de la
surface agricole française pourrait être dédiés aux besoins de la chimie du
végétal.
- En France, en 2004, 500 000 hectares étaient dédiés à la chimie du végétal, dont 324 000 aux biocarburants (300 000 ha de colza).
- En 2005, l’Europe a produit 3,9 Mt de biocarburants, contre 2,3 Mt en 2004 (croissance de 70 %).
- Le biodiesel représente 81,5 % de la production européenne de biocarburants, contre 18,5 % pour le bioéthanol.
- Le nombre d’emplois créés ou maintenus aux niveaux agricole et industriel est évalué à 10,5 emplois par milliers de tonnes pour la filière biodiesel et à 6,3 emplois par milliers de tonnes pour la filière bioéthanol.
- La biomasse couvre 14 % de la consommation énergétique mondiale, soit 7 milliards de tonnes équivalent pétrole (tep).
- Selon le Conseil de la recherche américain, 25 % de la production chimique organique proviendra de ressources renouvelables en 2020 (90% en 2090) !
Sources : Inra, UIC, EurObservEr (L’Observatoire des énergies renouvelables)
La chimie verte est en plein essor. Encouragée par la raréfaction
prévue à plus ou moins long terme des ressources fossiles, elle est devenue un
axe prioritaire de la recherche et de l’industrie. Mais que recouvrent les
termes de chimie verte, chimie durable ou encore chimie du végétal? Quelles
sont leurs applications et leurs perspectives en termes d’économie et
d’emploi ? Le point dans notre dossier.
Différencier chimie verte, chimie durable
et chimie du végétal
Chimie du végétal : Elle correspond à l’utilisation d’agro-ressources pour la
fabrication de produits chimiques.
Chimie verte ou chimie durable : ce sont des synonymes. Le terme de chimie verte traduit le
concept de chimie pour un développement durable, autrement dit, une chimie qui
veille à l’équilibre économique, social et environnemental du milieu dans
lequel elle s’insère. Elle comprend l’utilisation des agro-ressources mais
aussi l’optimisation des procédés (valorisation des déchets, économie d’atomes,
d’énergie, de temps….)
La chimie
durable : un processus qui prend en compte tout le cycle de vie du produit
passez la souris sur l'animation pour la lancer
La chimie durable peut être à la base de la fabrication de plastiques
biodégradables, peintures et colles sans solvants nocifs…